cooltext651764

 

Onegin

 

haydee03

Tatiana (Marcia Haydée)

 

Chorégraphie : John Cranko

Musique : Piotr Illitch Tchaïkovski

Montage de Kurt-Heinz Stolze (voir découpage musical)

Décors et costumes : Jürgen Rose

 

Ballet créé à Stuttgart le 13 avril 1965

(Version revue par le chorégraphe en 1967)

 

 

 

Distribution

 

Tatiana : Marcia Haydée

Onegin : Ray Barra

Lenski : Egon Madsen

Olga : Ana Cardus

 

 

 

 

f-7-34

f-7-35

Lenski (Egun Madsen) et Olga (Ana Cardus) à la création. ©Dr. Krenkler

 

 

avec%20Cragun%20;%20photo%20Leslie%20E

Onegin (Richard Cragun) et Tatiana (Marcia Haydée)

 

 

 

Sommaire

 

    ü   Eugène Onéguine, du "chef-d'œuvre poétique absolu" au ballet de John Cranko

 

1.    Le chef-d'œuvre d'Alexandre Pouchkine

2.    L'adaptation de John Cranko

 

    ü   Onegin dans le monde

 

1.    Le chef-d'œuvre de Cranko dans les compagnies européennes

-       Onegin à l’Opéra de Paris, entrée en 2009

-       Les pays germaniques

-       Onegin en Angleterre

-       Onegin en Italie

-       Les autres compagnies

2.    Compagnies américaines

3.    Autres compagnies

 

 

 

 

Eugène Onéguine, du "chef-d'œuvre poétique absolu" au ballet de John Cranko

 

 

Le chef-d'œuvre d'Alexandre Pouchkine

 

 

 

487px-AleksandrPushkin

Portrait par Vasily Tropinin (1827)

 

Alexandre Pouchkine (1799-1937) est l'un des plus grands écrivains russes et nombre de ses œuvres, telle La Fille du capitaine, restent célèbres aujourd'hui.

 

Plusieurs d'entre elles ont d'ailleurs inspiré des opéras et ballets, qui ont à leur tour contribué à leur renommée. Citons notamment La Dame de pique, Ruslan et Ludmilla, La Fontaine de Bakhtchisaraï, Le Prisonnier du Caucase, Le Coq d'Or, Boris Goudounov et bien évidemment, Eugène Onéguine, qui inspira à Tchaïkovski son plus célèbre opéra.

 

Eugène Onéguine, "roman en vers", est le plus long des poèmes composés par l'auteur, qui passa près de huit ans à sa rédaction. Il dit s'être inspiré pour l'écrire du Don Juan de Byron. Cette "encyclopédie de la vie russe" (Biélinski) est l'une des œuvres les plus célèbres aujourd'hui. Pour Nabokov, Eugène Onéguine est même l' «une des œuvres les plus brillantes jamais composées, un classique international aussi grand que Hamlet ou Moby Dick. »

Il est paru sous forme de feuilleton de 1823 à 1831.

 

Pouchkine s'y est beaucoup investi. Il dit ainsi de Tatiana que c'est son idéal féminin et a créé un personnage à son image, Vladimir Lenski ; leur ressemblance ira même encore plus loin, puisque comme son héros, l'auteur mourra dans un duel quelques années plus tard.

 

                                                                                                      

 

 

 

Extraits de la lettre de Tatiana à Onéguine

(traduction Jean-Louis Backès pour Gallimard)

 

Je vous écris ; voilà. C'est tout.

Et je n'ai plus rien à vous dire.

Maintenant, je sais, vous pouvez

Me mépriser pour me punir.

Mais vous aurez pour mon malheur

Juste un petit peu de pitié.

[…]

 

Un autre ! Non, personne au monde.

Mon cœur n'était pas fait pour eux.

Le ciel en avait décidé ;

Il l'a voulu : je suis à toi.

Toute ma vie fut la promesse

De cette rencontre avec toi.

C'est Dieu qui t'envoie, je le sais

Pour me garder jusqu'à la mort…

Tu apparaissais dans mes rêves ;

Sans te voir, je te chérissais.

Ton regard me faisait languir,

Ta voix résonnait dans mon âme

Depuis toujours… En vérité

Je t'ai reconnu tout de suite.

[…]

 

Et bien ! J'y consens ! À jamais

Je te confie ma destinée.

Je suis là, devant toi, je pleure.

Protège-moi, je t'en supplie.

Songe que je suis seule ici,

Que personne ne me comprend.

Songe que ma raison s'égare,

Que je vais mourir sans rien dire.

Je t'attends, que, d'un seul regard,

Tu rendes l'espoir à mon cœur,

Ou qu'un reproche mérité,

Hélas ! mette fin à mon rêve.

[…]

                                                                                                      

 

 

 

 

 

 

605C

Tatiana, tableau de M. Klodt (1886)

 

 

 

 

 

http://www.akg-images.fr/akg_orphea/volumes/highscan_assets/zooms/00000000093/akg_212596.bro

Le duel entre Lenski (au fond) et Onéguine, vu par Ilya Repin.

 

 

Les vers composés par Lenski avant son duel

(traduction Jean-Louis Backès pour Gallimard)

 

Où donc vous êtes-vous enfuies,

Heures dorées de mon printemps ?

Que me réserve l'avenir ?

C'est en vain que je l'interroge.

Il se dérobe dans la brume.

[…]

Demain resplendira l'aurore,

Prodiguant au jour ses rayons.

Et moi je descendrai peut-être

Dans le mystère du tombeau.

Le Léthé sera mon partage.

Le monde perdra la mémoire

Du jeune poète. Mais toi,

Viendras-tu, belle vierge pure,

Verser des larmes sur ma cendre ?

Et penseras-tu : il m'aimait,

Il m'avait donné sa jeunesse,

Triste matin d'un jour d'orage…

Mon amie, amie de mon âme,

Viens, plus près, je suis ton époux…

 

 

 

 

Le ballet de John Cranko

 

 

    ü   L'argument

 

Dans son ballet, John Cranko reste très fidèle à l'œuvre de Pouchkine. S'il passe sous silence les jeunes années d'Onéguine et sa formation, adaptation chorégraphique oblige, son argument en trois actes respecte l'argument et le ton du livre.

 

 

 

    ü   Acte I

 

Scène 1 : Le jardin des Larine

 

Le ballet s'ouvre sur une scène de famille champêtre. Une jeune fille, Tatiana, lit seule dans un coin, tandis que sa mère, sa sœur Olga et leur nourrice finissent gaiement de coudre les robes de bal des deux jeunes filles.

 

 

kang

Tatiana (Sue Jin Kang) – Ballet de Stuttgart

 

 

Les deux sœurs sont ensuite rejointes par leurs amies ; alors que celles-ci s'amusent, Tatiana retourne à sa lecture.

 

 

Sarah%20van%20Patten

Olga (Sarah van Patten) et ses amies - Danish Ballet ©David Amazallag

 

 

Les jeunes filles décident ensuite d'un jeu : se regarder dans un miroir pour y voir le visage de son amoureux. Quand Olga se penche vers le miroir, c'est le visage de Lenski, son fiancé, qu'elle aperçoit ; le jeune poète, voisin des Larine, vient en effet d'arriver avec son ami Onegin, tout juste arrivé de Saint-Pétersbourg et las des mondanités de la ville.

 

 

Onegin_Cojocaru_Duprot_and_Bonelli_Act_1_1

Olga (Caroline Duprot, au centre) présente Lenski (Federico Bonelli)
à sa sœur Tatiana (Alina Cojocaru) - Royal Ballet ©John Ross

  

C'est maintenant au tour de Tatiana de se regarder et c'est Onegin, derrière elle, qu'elle y voit.

D'abord intimidée par le jeune homme, la jeune fille, poussée par sa mère, accepte de l'accompagner pour une promenade.

  

Gudrun%20Bojesen,%20Mads%20Blangstrup

Tatiana (Gudrun Bojesen) surprise par Onegin (Mads Blangstrup)

Danish Ballet ©David Amazallag

  

Pendant ce temps, Olga et Lenski, entourés de leurs amis, profitent heureux et insouciants de ce bel après-midi.