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Mary Martin
Les artistes
d’Hollywood n’ont pas toujours réussi, loin s’en faut, à briller sur les scènes
de Broadway. De même, certaines étoiles de la scène new-yorkaise ne sont pas
parvenues à s’imposer sur grand écran. C’est le cas de la chanteuse et
comédienne Mary Martin dont la carrière sur scène fut pourtant des plus
prestigieuses.

Née en 1913 dans le Texas, elle se fait remarquer toute jeune en imitant
les vedettes de la chanson et du cinéma. Mariée à 17 ans à un avocat, et
maman à 18 (d’un petit Larry Hagman qui deviendra célèbre bien plus tard dans
la série télé Dallas), elle ouvre une école de danse.
Cependant, très vite, elle se sépare de son mari, place son fils dans
une pension militaire « afin qu’il ne devienne pas une fille manquée (je
cite) » (il lui en voudra beaucoup et s’en plaindra des décennies pus tard)
et part pour Hollywood, où elle est plutôt mal accueillie. Elle passe des
bouts d’essai auprès de plusieurs studios qui la rejettent tous au motif
qu’elle n’est pas photogénique. Sollicitée par l’Universal pour donner
quelques cours de danse à Danielle Darrieux pour le film la coqueluche de
Paris (1938), elle est virée par la vedette française qui s’est sentie
humiliée quand Mary a dansé brillamment devant tout le plateau le numéro que
Danielle n’arrivait pas à apprendre. Remarquée lors d’une soirée par le
célèbre compositeur Cole Porter, Mary est engagée pour un petit rôle dans
l’opérette Leave it to me, aux cotés d’un Gene Kelly débutant. Le strip-tease
qu’elle exécute au milieu d’eskimos, en chantant my heart belongs to Daddy
(chanson qui sera reprise plus tard par Peggy Lee et évidemment Marilyn
Monroe) fait d’elle une star du jour au lendemain.
Immédiatement, Hollywood qui l’avait toujours rejetée la réclame. La
Paramount l’engage, et pendant 4 ans, Mary Martin va paraître dans diverses
comédies musicales. Tantôt maquillée comme Claudette Colbert, Rosalind
Russell ou sa grande copine Janet Gaynor, on sent que le studio a du mal à
lui trouver un créneau et à la mettre en valeur. Pourtant Mary est charmante
et chante fort plaisamment dans les deux bons films qu’elle tourne avec Bing
Crosby (Birth of the blues et Rythmn on the river) et se distingue des
partenaires potiches du crooner par la finesse de son jeu et son élégante
présence. Peut être justement que la jeune artiste était un peu trop douée et
originale pour interpréter des rôles d’ingénues dans lesquels on cantonnait
souvent les chanteuses de comédies musicales.

.Sa séquence avec le Golden Gate Quartet dans « Au pays du rythme »1942,
sur un air entraînant d’Harold Arlen, est peut être la meilleure d’une super production
qui ne manque pas de talents. Vedette à tout prix (1941) est une plaisante
parodie sur la campagne publicitaire (et la recherche de la Scarlett idéale)
qui a précédé le tournage d’Autant en emporte le vent

En revanche, dans « Happy go lucky » 1943, elle est éclipsée par la
turbulente Betty Hutton.
En 1942, Mary épouse un décorateur. Si l’on croit les propos rapportés
par Robert Cummings et Gower Champion, il semble que ce mariage arrangé pour
les deux protagonistes (c’était chose fréquente à Hollywood) n’était qu’une
couverture destinée à cacher l’inavouable grand amour de la vie de Mary :
Janet Gaynor (comédienne très populaire au début des années 30), elle-même
mariée avec un grand couturier de la MGM, Adrian.

Déçue par le monde du cinéma (elle raconte dans son autobiographie,
qu’elle devait se lever tôt et se faire coiffer et maquiller de bonne heure
pour attendre parfois toute la journée qu’un qu’on l’appelle finalement pour
un close-up, ce qui irritait sa nature impatiente), elle saute de joie quand
un producteur de Broadway lui propose de jouer dans un musical du grand Kurt
Weill (connu pour sa prestigieuse collaboration avec Brecht), un caprice de
Vénus. La Paramount la laisse partir sans difficultés. Le succès du spectacle
est à nouveau retentissant : Mary Martin est appelée à Hollywood pour jouer
son propre rôle dans une séquence de Nuit et Jour, bio complètement édulcorée
(et bien décevante sur un plan strictement musical) de la Cole Porter. Elle y
reprend avec talent son « heart belongs to Daddy » : c’est d’ailleurs le
meilleur moment du film. Après avoir envisagé de la faire figurer dans une
adaptation du caprice de Vénus (c’est Ava Gardner qui héritera du rôle) et
dans Romance à Rio (c’est Doris Day qui décrochera le rôle), Hollywood la
laisse tomber, après bouts d’essai pour des raisons invariables : pas assez
photogénique !

Mary Martin tourne alors définitivement le dos à Hollywood et va devenir
en quelques musicals triomphaux la vraie reine de Broadway. South pacific
(1948), Peter Pan (1953), la Mélodie du Bonheur (1959) et Hello Dolly (1964)
seront des succès extraordinaires de sa prestigieuse carrière. Apparemment,
Mary avait besoin du contact direct avec le public pour donner le meilleur
d’elle-même, et à Broadway, elle est dans son élément. Lors de l’adaptation à
l’écran de ces différents monuments, Hollywood n’envisagera même plus une
seconde d’engager Mary Martin (trop âgée pour le grand écran).

En
revanche, ses prestations à la télévision, en live (comme son duo avec Ethel
Merman dans un show de 1953) seront très populaires. En 1978, elle refuse de jouer
le rôle de Miss Elie dans le feuilleton Dallas aux cotés de son fils (JR).
(Ce denier connaîtra ainsi une gloire tardive dans cette navrante mais ô
combien populaire saga.) En revanche, elle joue des rôles de vielle femme
dans quelques téléfilms et retrouve sa rivale Ethel Merman dans un grand show
à Broadway.
  
Dans les années 80, Mary Martin et Janet Gaynor seront très gravement
blessées dans un accident de voiture. Gaynor qui ne se remettra jamais de
l’accident décèdera en 1984 et Mary Martin en 1990 (d’un cancer au colon).

Si le cinéma n’a pas su exploiter le talent de Mary Martin, il est
toujours agréable de visionner ses films (plusieurs sont sortis en DVD) dans
lesquels on sent poindre un talent qu’elle mettra pleinement en valeur sur
les plus grandes scènes de New-York. Sa voix, à la fois aérienne et
parfaitement maîtrisée est également des plus agréable à écouter.

Filmographie – imdb
1. "Hardcastle and
McCormick" .... Zora Hardcastle (1 episode,
1985)
- Hardcastle, Hardcastle,
Hardcastle and McCormick (1985) TV Episode
.... Zora Hardcastle
2. "The Love Boat" .... Hannah (1 episode, 1983)
- So Help Me Hannah/The Maid Cleans
Up/C.P.R, I.O.U. (1983) TV Episode
.... Hannah
3. "Great Performances" (1 episode, 1981)
- A Lincoln Center Special:
Beverly! Her Farewell Performance
(1981) TV Episode
4.
Valentine (1979) (TV) .... Gracie Schwartz
5. Peter Pan (1960) (TV) .... Peter Pan
6. Annie Get Your Gun (1957) (TV) .... Annie Oakley
7. "Hallmark Hall of Fame" .... Billie Dawn (1 episode, 1956)
... aka Hallmark Television Playhouse
- Born Yesterday (1956) TV Episode .... Billie Dawn
8. "Producers' Showcase" .... Peter Pan / Sabina (3 episodes, 1955-1956)
- Peter Pan (1956) TV Episode .... Peter Pan
- The Skin of Our Teeth (1955) TV Episode .... Sabina
- Peter Pan (1955) TV Episode .... Peter Pan
9. General Foods 25th Anniversary
Show: A Salute to Rodgers and Hammerstein
(1954) (TV) .... Nellie Forbush (segment "South Pacific' sequence)
... aka General Foods Anniversary Show (USA: short title)
... aka General Foods Anniversary Special
10.
True to Life (1943) .... Bonnie Porter
11.
Happy Go Lucky (1943) .... Marjory Stuart
12.
New York Town (1941) .... Alexandra Curtis
13.
Birth of the Blues (1941) .... Betty Lou Cobb
14.
Kiss the Boys Goodbye (1941) .... Cindy Lou Bethany
15.
Love Thy Neighbor (1940) .... Mary Allen
16.
Rhythm on the River (1940) .... Cherry Lane
17.
The Great Victor Herbert (1939) .... Louise Hall
18.
The Rage of Paris (1938) (unconfirmed) .... Drama Teacher

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