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Martha
Raye
Avec sa bouche démesurée et son regard idiot, Martha Raye fut
probablement l’une des fantaisistes les plus drôles de la comédie musicale.
Son style inspirera beaucoup d’artistes de Betty Hutton à Bette Midler en
passant par Lucille Ball. On peut même dire que certaines de ces actrices
l’ont beaucoup copié…Mais aucune d’elles ne peut se venter d’avoir un
Monsieur Verdoux ou un Helzapoppin dans sa filmographie.

Née en 1916, Martha Raye suit très jeune ses parents sur les planches. En
scène des son plus jeune âge, elle ne fréquente pas souvent l’école, et ne
saura jamais vraiment lire (on raconte qu’un secrétaire lui lisait ses
scripts). Elle commence à chanter dans différents orchestres. Ses talents
comiques et sa jolie voix (elle interprète des airs jazzy et entraînants avec
beaucoup d’allégresse et de facilité) sont remarqués par les patrons de la
Paramount, où elle est embauchée pour de multiples comédies musicales dans
lesquelles elle joue généralement le rôle d’une fille stupide et nymphomane,
qui essaie vainement de séduire le héros.

Evidemment, son jeu n’est pas très subtil…et alors ? Au moins, on rie et
on rie encore 70 ans après en voyant Amour à Waikiki (1937). Face au crooner
Bing Crosby, qui entonne son fameux Sweet Leilani, elle est vraiment
complètement déchaînée. Elle accumule les gags les plus lourds, mais il faut
bien avouer qu’elle fait mouche à chaque coup ! Les yeux hagards, l’air
complètement demeuré, elle éclipse le couple romantique Crosby-Shirley Ross à
chacune de ses apparitions.
Dans the big broadcast of 1938, avec une pléiade de vedettes Paramount,
elle est bringuebalée comme un paquet de linge salle par des marins, lors
d’une danse acrobatique particulièrement drôle.

En 1941, on la retrouve dans un film loufoque à sa dimension :
l’indescriptible Hellzapoppin, où elle peut donner libre cours à sa
fantaisie. Dans ce classique du cinéma comique (dont les la traduction des
dialogues en français fut assurée par Pierre Dac), on se souvient notamment
du spectacle délirant qui clôt le film, dans lequel elle chante Waiting for
Robert Lee. Alors que Betty Hutton est en train de reprendre sa place à la
Paramount dans des rôles comiques complètement pompés sur les siens, Martha,
comme beaucoup d’autres artistes, va donner des spectacles dans le Pacifique
et en Afrique pendant la guerre pour soutenir le moral des Gis. Elle
participe du coup au film « 4 jills in a jeep » basé sur les souvenirs de la
comédienne Carole Landis qui a participé avec Martha et Kay Francis, à une
tournée pour les soldats américains (et a même épousé un GI…pour peu de
temps…). Le résultat est plutôt réussi, et les numéros musicaux de qualité
(particulièrement ceux de l’étonnante et méconnue danseuse acrobatique Mitzi
Mayfair).En revanche, Pin Up Girl, également destiné à booster le moral des
jeunes militaires américains est bien médiocre. Quant à la vedette Betty
Grable, elle est enceinte, et ça se voit dans certaines séquences!

Après la guerre, Martha a la chance d’être choisie par Charlie Chaplin pour
l’un des principaux rôles féminins de la grinçante comédie Monsieur Verdoux :
un chef d’œuvre d’humour noir dans lequel sa prestation sera remarquée :
hélas, compte tenu des graves problèmes que Chaplin rencontre aux States
(chasse aux sorcières, procès en paternité), Martha sera black listée pour
avoir acceptée de jouer dans ce film ! Elle se tourne ensuite vers la télé.
Hélas, sa série pour le petit écran ne connaîtra jamais l’extraordinaire
succès du show de Lucille Ball, autre comédienne qui s’est pourtant aussi
beaucoup inspirée d’elle. Déçue de constater que son contrat n’est pas
renouvelé, l’actrice fait une tentative de suicide en 1956. Elle connaissait
aussi de graves déboires conjugaux : Très instable, elle se mariera 7 fois,
des unions qui dureront deux ans en moyenne.
En 1962, Martha joue avec Doris Day et Stephen Boyd dans le plaisant
musical à gros budget « la plus belle fille du monde » situé dans les milieux
du cirque.
Toujours très concernée par le sort des soldats américains, elle multiplie
les galas en Corée et au Vietnam. Dans des conditions souvent précaires, et
sans esbroufe (elle ne convoque pas une armée de journaliste pour suivre ses
pas), Martha va devenir l’une des artistes favorites des militaires. On
raconte qu’elle n’hésitait pas à prêter main forte aux infirmières et à jouer
aux cartes avec les bidasses entre les spectacles.

Des années 70, on retiendra son rôle dans une série télé pour la
jeunesse les « Bugaloos », inconnue chez nous, mais qui laisse un sacré
souvenir aux jeunes quadra américains, si l’on en juge par les sites
consacrés à ce feuilleton et une pub pour « polident », nettoyant pour
appareils dentaires.

A la fin de sa vie, Martha fera parler d’elle dans la presse à scandales
en épousant à 75 ans, Mark Harris un acteur de 42 ans, qui ne faisait pas mystère
de son homosexualité. La fille unique de Martha, saisira la justice de peur
que le jeune mari de sa maman, atteinte de la maladie d’Alzheimer, ne fasse
main basse sur sa fortune. En tous les cas, celui-ci épaulera Martha lors de
son procès contre les producteurs de « For the boys » un film très inspiré de
la vie de la comédienne (et des shows qu’elle donna au Vietnam) et de plus
interprété par une Bette Midler qui lui ressemble étonnamment. Cependant, ils
n’auront pas gain de cause.
Souffrant de graves problèmes cardio-vasculaires, la pauvre Martha sera
amputée des deux jambes et décèdera en 1994 peu après avoir reçu du Président
la médaille de la liberté.
Elle léguera une partie de sa fortune à la PETA, association de défense
des droits des animaux et à son dernier mari….qui achètera un magasin de
fourrures !
Etonnante destinée que celle de Martha Raye. Plutôt que sa triste fin,
mieux vaut garder en mémoire son énergie et son incroyable fantaisie.

Martha Raye sur youtube, dans une compilation de ses "chutes"
à l'écran:
http://www.youtube.com/watch?v=dlOrE-apnzI

Filmographie sur Imdb
- Alice in Wonderland (1985) (TV) .... Duchess
- "Murder, She
Wrote" .... Sadie Winthrope (1 episode,
1985)
- "The Love Boat" .... Irene Austin
- Pippin: His Life and Times (1981) (TV) .... Berthe
5. The Gossip Columnist (1980) (TV) .... Georgia O'Hanlon
- Skinflint: A Country
Christmas Carol (1979) (TV)
- The Concorde: Airport '79 (1979) .... Loretta
- "Love, American
Style" .... (segment "Love and the Hidden
Meaning") (1 episode, 1973)
- "The Bugaloos" .... Benita Bizarre (1 episode, 1970)
- Pufnstuf (1970) .... Boss Witch
11. The Phynx (1970) .... Foxy
- "Burke's Law" .... Beulah Brothers (1 episode, 1965)
- Billy Rose's Jumbo (1962) .... Lulu
- "The Steve Allen
Show" .... Comedian-Movie Star (1 episode,
1956)
- "The Colgate Comedy
Hour" .... Host (1 episode, 1953)
- "Musical Comedy
Time" (1 episode, 1950)- Anything Goes (1950) TV Episode
- Monsieur
Verdoux (1947) .... Annabella Bonheur
- Pin Up Girl (1944) .... Molly McKay
- Hellzapoppin' (1941) .... Betty Johnson
- Keep 'Em Flying (1941) .... Gloria Phelps/Barbara Phelps
- Navy Blues (1941) .... Lilibelle Bolton
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