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D'une famille aisée, Frederick Ashton ne découvre
la danse qu'à l'âge de 13 ans, lors d'une tournée d'Anna Pavlova à Lima
(Pérou), où son père consul est en poste. Mais face à la réprobation de sa
famille, il renonce à sa passion, part étudier en Angleterre, puis travaille
dans une entreprise commerciale. Il passe cependant tout son temps libre à
voir des spectacles et prend alors secrètement des cours de danse. Mais ne
supportant plus cette situation, il sombre dans la dépression et sa famille
l'autorise enfin à se consacrer à sa passion. Il travaille ainsi tout d'abord
auprès de Léonide Massine, puis de Marie Rambert, qui a une influence
décisive sur sa carrière ; la première, elle l'encourage en effet à se lancer
dans la chorégraphie. Ses premières œuvres sont alors pour le théâtre.
En 1928, il rejoint la troupe d'Ida
Rubinstein à Paris et parfait ses connaissances de chorégraphe auprès de
Bronislava Nijinska.
Frederick Ashton et Bronislava Nijinska en 1956
©Huston Rogers De retour à Londres, il crée pour la compagnie de
Marie Rambert son premier succès, Capriol Suite, vite suivi de celui
de Façade. Il continue par ailleurs à travailler fréquemment pour le
théâtre, seul moyen alors pour un chorégraphe de subvenir à ses besoins. En
1931, Ninette de Valois fonde le Vic-Wells Ballet (futur Royal Ballet) et
invite Ashton à la rejoindre ; c'est le début de sa très longue et très riche
collaboration avec la compagnie londonienne. Margot Fonteyn, qui fait à
l'époque ses débuts, devient aussitôt sa muse.
Frederick Ashton et Margot Fonteyn En 1939, lorsque la guerre éclate, il choisit de
s'engager dans la Royal Air Force, où il sert jusqu'en 1945. En 1946, pour la
réouverture de Covent Garden, Ninette de Valois et sa troupe sont invitées et
présentent son tout nouveau ballet, Symphonic Variations. C'est un
immense succès, qui lui ouvre les portes de la célébrité.
Frederick Ashton dans l'Oiseau de Feu. Il est officiellement nommé directeur artistique de
la compagnie en 1948, puis devient Directeur Associé et continue à enchaîner
les succès : Cendrillon en 1948, Scènes de Ballet, puis Sylvia
en 1952, Ondine en 1958. En 1963, il est nommé Directeur de la
compagnie, poste qu'il occupe jusqu'en 1970. Durant son mandat, il a
notamment veillé à la préservation du répertoire des Ballets Russes (Les
Noces et Les Biches) et a fait entrer deux reprises majeures de
Balanchine, ainsi que deux créations d'Anthony Tudor au répertoire. En 1970,
il prend le titre de Founder Choreographer et continuera à créer
quasiment jusqu'à sa mort, en 1988. Véritable symbole de la danse
anglaise, ses ballets font partie intégrante du patrimoine britannique. Titres : anobli en 1950, il devient
Chevalier en 1962, Compagnon d'Honneur en 1968 et reçoit enfin l'Ordre du
Mérite en 1977. En France, il reçoit la Légion d'Honneur en 1962 ; il est
également nommé Commandeur de l'Ordre de Dannebrog en 1963 au Danemark. La
Royal Academy of Dancing, la Fondation Carina Ari (Suède) et les universités
d'Oxford, Cambridge et Durham l'ont également honoré. « Mes ballets parlent surtout des relations
amoureuses, qui vont ou ne vont pas bien. » (Frederick Ashton)
En pleine répétition Ø Frederick Ashton, le théâtre et l'opéra Dès le début de sa carrière, Frederick Ashton a
fréquemment collaboré avec le théâtre – essentiellement des revues, mais
aussi quelques pièces classiques – ainsi qu'avec l'opéra. Pièces
et revues : Riverside
Nights (1936), Jew
Süss (1929), Marriage à la mode (1930), The Cat and the Fiddle
(1932), A Kiss in Spring (1932), Ballyhool (1932), How d'You
Do ? (1933), After Dark (1933), Gay Hussar (1933), Love
is the Best Doctor (1934), Jill Darling ! (1934), The Flying
Trapeze (1935), Round about Regent Street (1935), Follow the
Sun (1935), The Town Talks (1936), Home and Beauty (1936), Floodlight
(1937), Running Riot (1938), A Midsummer Night's Dream (1945), A
Midsummer Night's Dream (1954).
Ø Opéras : The Fairy Queen (1927), Faust (1931), Four Saints in
Three Acts (1934), Die Fledermaus (1936), Tannhaüser
(1938), The Fairy Queen (1946), Manon (1947), Albert Herring
(1947), La Traviata (1948), Orfeus (1953), Orfeo ed Euridice
(1958), Mort à Venise (1973), Die Fledermaus (1977).
Maude Lloyd, Pearl Argyle et Violet Reynolds dans The Fairy Queen (1927) Ø Ses collaborations cinématographiques Comme beaucoup de chorégraphes de sa
génération, Frederick Ashton a également chorégraphié des passages de
plusieurs films. -
Dance Pretty
Lady (1931), réal.
Anthony Asquith. -
Escape Me
Never (1934), réal.
Paul Czinner. -
Les Contes d'Hoffmann (1951), réal. Michael Powell et Emeric Pressburger. Y a chorégraphié
la totalité des passages dansés. Il joue également dans le film.
Moira Shearer, Frederick Ashton et Leonide Massine
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Histoire de trois amours (1952) – "L'Amant jaloux" (1ère partie), réal. Gottfried Reinhardt. -
The Tales of
Beatrix Potter (1970), réal.
Reginald Mills. Musique de John Lanchbery. Y a chorégraphié la totalité
des passages dansés.
Version reprise pour la scène pour la Royal Ballet
School -
Le Tournant de la vie (1976), réal. Herbert Ross. Y a chorégraphié le final de Leslie
Browne, Étude, sur une musique de Chopin. -
Stories from a
Flying Trunk (1979), réal.
Christine Edzard. Y a chorégraphié la totalité des passages dansés.
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