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Né le 17 mars 1938 dans le trans-sibérien de parents tatares musulmans,
Rudolf Noureev commence la danse à l'âge de sept ans dans la ville d'Oufa
(Bachkirie), où il vit avec sa mère et ses deux sœurs. Il n’oubliera jamais
le monde musulman tout au long de sa vie, même si ses parents se sont
convertis. Son père n’acceptera jamais que son fils soit danseur, alors que
sa mère fera tout pour le pousser dans sa carrière. En 1955, à 17 ans, il intègre l'Ecole Vaganova (Saint-Pétersbourg) et y
suit notamment les cours d'Alexandre Pouchkine. Trois ans plus tard, en 1958, il remporte le Concours International de
Moscou et intègre l'année suivante le Ballet du Kirov, dont il devient immédiatement soliste
et où il interprète les grands rôles du répertoire. Natalia Dudinskaia le
réclame en tant que partenaire dès son entrée dans la troupe. Il a un très
fort tempérament, un côté rebelle, de ce fait il est interdit de tournée,
Janine Ringuet le remarque contre l’avis officiel dans le rôle de Basilio.
Elle le fait donc venir à Paris contre l’avis de la direction du Kirov. C'est
lors de cette tournée du Kirov à Paris en 1961 qu'il devient mondialement
célèbre. Il découvre Paris, la vie parisienne, et mène une vie dissolue, les
dirigeants de la troupe décident de le renvoyer en Russie. Le 16 juin 1961, lors du départ pour la tournée à Londres, on lui fait
croire que sa mère est malade et qu’il doit rentrer d’urgence. A l’aéroport
du Bourget, Rudolf Noureev refuse alors de rentrer et demande l'asile
politique à la France (il reverra sa mère et la Russie, une première fois en
1987 et en 1989, il dansera La
Sylphide aux côtés de Zhanna Aioupova). Il est engagé dès le lendemain dans la troupe du Marquis de Cuevas. Il
est soupçonné d’être un espion. Il souffrira beaucoup de sa défection et
devra supporter plusieurs incidents sur scène, le KGB essaie de le récupérer
par tous les moyens. Il est même condamné en Russie à sept ans de prison par
contumace. En 1962, après avoir étudié le style Bournonville au Danemark auprès
d'Erik Bruhn, il est invité à danser à Londres, où il rencontre Margot
Fonteyn (de près de vingt ans son aînée), qui deviendra sa partenaire de
prédilection et avec qui il forme l'un des couples les plus mythiques de la
danse. Pendant plus de vingt ans, il connaît alors une carrière
extraordinaire, mondialement reconnu, invité à danser aux quatre coins du
monde, partenaire des plus grandes ballerines et interprète de prédilection
de nombreux chorégraphes dont les plus contemporains comme Glen Tetley, Paul
Taylor, Maurice Béjart, Roland Petit, etc. Il se lance également dans la
chorégraphie et a à cœur de transmettre l'héritage de Petipa en Occident. Son
seul grand regret sera de ne pas avoir dansé avec le NYCB et Balanchine
!
En 1983, sa carrière prend un nouveau tournant quand il est nommé
Directeur de la danse à l'Opéra National de Paris, poste qu'il occupera
jusqu'en 1989. Son arrivée propulsera la compagnie parmi les toutes premières
compagnies mondiales si ce n’est la première. La programmation mêle grands
classiques et créations mondiales marquantes comme celle de William Forsythe.
Répétitions en 1984 ©
Carlos Freyre Sa politique de promotion des jeunes danseurs permet une émulation et
il nommera étoiles Sylvie Guillem, Isabelle Guérin, Laurent Hilaire, Manuel Legris,
Elisabeth Maurin. Il mettra en avant Elisabeth Platel et Monique Loudières.
L’Opéra vit une période faste à cette époque, mélange de création, d’entrée
au répertoire des grandes productions classiques dont Raymonda, une nouvelle
version de Casse-Noisette, Cendrillon, la Bayadère, une nouvelle production
de la Belle au bois dormant et de Roméo et Juliette. Ses autres créations
sombrent dans l’oubli, mais il donne à l’Opéra ses quartiers de noblesse et
ce sont ses productions des grands classiques qui sont toujours dansées
aujourd’hui ! Il quitte l’Opéra en 1989 et est nommé chorégraphe
principal de la compagnie.
Répétitions du Lac des cygnes © Eric Feiderberg avec les petits rats de l’Opéra
© Roger Viollet en 1967 Par la suite, affaibli par la maladie, il n'apparaîtra que peu, dansant
une dernière fois Le Chant du compagnon errant en 1990 et
chorégraphiant surtout pour l'Opéra de Paris le projet qui lui tenait le plus
à cœur, une version complète de La Bayadère, qu'il ne pourra hélas
achever.
Il se consacre également à la direction orchestrale et apparaît sur
scène dans le rôle du Roi du Siam dans le musical de Rodgers et Hammerstein, The
King and I. Il décède à Paris le 6 janvier 1993, à
l'âge de 54 ans.
Catafalque d’Enzo Frigerio Ø Avec
le Kirov – de 1955 à 1961, ses
rôles avec la compagnie russe Diane et Acteon pas de deux La Fontaine de Bakhisaray Pas de trois et Siegfried – Lac des cygnes avec Sonia Arova © Antony Crickmay Laurencia (Chaboukiani)
Pas de deux – Casse-Noisette Solo – Gayaneh © Anthony Crickmay Le Corsaire pas de deux
Avec Alla Sizova Valse Volonté (Jacobson) Pas de quatre - Le Pavot Rouge (Andreiev) Basilio – Don Quichotte Albrecht – Giselle
L’oiseau bleu – la Belle au bois dormant Pas de quatre - Raymonda Solor – la Bayadère avec Irina
Kolpakova © Topham Picturepoint avec
Irina Kolpakova © Roger Viollet Valse de Moskovsky, Flammes de Paris, pas de deux
(Vainonen) Tarass Boulba Désiré – la Belle au bois dormant
avec Alla Osipenko © Roger Viollet © Roger Viollet Ø Après
le Kirov Sa première apparition à Londres en 1961
avec Frederick Ashton (à droite)
Le Lac des cygnes avec Rosella
Hightower Les grands
classiques Albrecht – Giselle avec Margot
Fonteyn © Anthony Crickmay
avec Carla Fracci Désiré – la Belle au bois
dormant avec Margot Fonteyn avec
Carla Fracci avec Genia Melikova - Ballet du Marquis de Cuevas © Roger
Viollet Siegfried – Le Lac des cygnes avec Margot Fonteyn ©
Roger Viollet
avec Natalia Makarova Répétitions du Lac avec l’Opéra de
Paris Cour Carrée © Roger Viollet |