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Trisha Brown est considérée comme la chorégraphe
la plus importante de l’ère Post-moderne. Elle est née en 1936 à Aberdeen
dans l’Etat de Washington. Diplômée
de l'université de Mills, elle fonde en 1956 le département de chorégraphie à
Reed College. Pendant plusieurs étés, elle suit le danseur Louis Horst dans
le cadre du Festival de Danse Américaine qui se tient au Connecticut College.
Elle part à New York en 1961, où elle travaille avec Anna Halprin et devient
un des membres fondateurs du Judson
Dance Theater en 1962. Elle étudie alors avec Yvonne Rainer et Steve Paxton.
En 1970 ils fondent le Grand Union, un groupe expérimental de Danse
collective et forme alors la Trisha Brown Company. Elle
commence à expérimenter ce qu'elle appelle l'improvisation structurée. Elle
fonde en 1970 la Trisha Brown Dance Company ØSon style
et ses œuvres Sa conquête de chorégraphe s'appuie sur un esprit
logico-mathématique, une manière de se placer hors situation, d'employer un
langage qui relève plus du calcul que de l'écriture. Pour elle, le corps du
danseur, c'est l'inconnue, X, apte à se soumettre à toutes les combinaisons:
addition, soustraction, multiplication, répétition, accumulation, mise en
équation, projection en trois dimensions, le tout débouchant sur une
véritable géométrie dans l'espace. Accumulation;somme
de mouvements partant du poignet et enclenchant, par répétition, le mécanisme
du corps tout entier Line up, travail
sur la ligne, élaboration de structures répétitives et changements de
directions ou de rythmes entraînant des ruptures d'énergie. Avec Planes, elle
inaugure les "danses d'équipement" où elle défie la pesanteur et la
verticalité. Solo, commencé
par une rotation de la main, pouce en l'air, s'enrichit de gestes complexes,
mêlés d'un discours sur la danse et du récit de la mort de son père.
Glacial Decoy en 1978 est une
sorte de mise en corps des images gelées de Rauschenberg. Le plus passionnant
est sans doute Locus, où chaque danseuse, se déplaçant dans son propre
espace pensé comme un cube, donne à voir un volume imaginaire.le Set and Reset, en 1983, où, toujours avec la complicité plastique de
Rauschenberg, son vocabulaire se précise: emportements, déhanchements, chocs,
torsions, ondulations, - ce qu'elle nomme elle-même sa veine "rococo".
Puis Lateral Pass, en 1986, où, en contrepoint au décor
rutilant et légèrement kitsch de Nancy Graves, se déploie une danse à
la fois plus "pondérale", plus palpitante, et plus élastique. Newark
en 1987, où le dispositif visuel du peintre minimaliste Donald Judd
impose d'arbitraires limitations ou élargissements de l'espace, à l'intérieur
desquelles s'inscrit une danse propulsive, idéographique, désentravée,
presque désarticulée (au sens où les "articulations" du corps comme
celles de la chorégraphie ne cessent d'être déstabilisées). Opale Loop ,en
1988, se présente comme un "enchevêtrement de motifs engendrés par
leur propre brisure, à partir d'un axe d'émission centrifuge". Astral
Convertible,en 1989, où l'"installation" de Rauschenberg, faite
de tourelles métalliques incrustées de phares de voitures, dont les rayons
lumineux se déplacent constamment, laisse percevoir une sorte de danse
"en apesanteur": les centres de gravité permutent, les mouvements
peuvent partir de la nuque, les corps semblent définitivement passés au-delà
de leur poids, comme les éléments mobiles et changeants d'un champ magnétique
en émulsion. ØQuelques unes de ses chorégraphies
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Utilisation à titre d'illustration des propos. Photos © Icare, Michel Lidvac,
Jacques Moatti, Etoiles, Colette Masson, Rodolphe Torette, Serge Lido,
Haruyo,
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