|
Roland
Petit est né le 13 janvier 1924 à Villemomble. En 1932, à l’âge de 8 ans, il
entre à l’Ecole de danse de l’Opéra de Paris. Il apparaît dans le ballet pour
enfants L’éventail de Jeanne.
© Germaine Kanova En
1940, à l’issue de sa scolarité il entre en tant que deuxième quadrille dans
le corps de ballet de la troupe alors dirigée par Serge Lifar. Il étudie avec
Mme Roussanne. En 1941, il rencontre Janine Charrat, rencontre prépondérante
pour sa carrière. A partir de1942 il signe ses premières chorégraphies dont
le pas de deux Paul et Virginie. dans le cadre de trois récitals. Ses
débuts passionnent l’intelligentsia artistique parisienne tels Cocteau, Marie
Laurencin, ou Christian Bérard qui signent alors les costumes de ses ballets.
En 1943, il devient grand Sujet de l’Opéra de Paris. Janine Charrat © Roger Viollet Il
néglige ses « services » à l’Opéra, trop passionné par la
chorégraphie, Jean Rouché songe à le renvoyer, mais Roland Petit le devance
et démissionne à la Libération en 1944, entraînant avec lui, la jeune espoir
de la troupe Renée Jeanmaire. Il suit alors les cours de Boris Kniasseff qui
crée des cours de « barre à terr ». Irène
Lidova organise des « Soirées de la danse » au théâtre Sarah
Bernhardt où elle invite Jean Babilée, Nina Vyroubova, Colette Marchand,
Renée Jeanmaire. En 1945, c’est la naissance des Ballets des Champs Elysées
dont le père de Roland Petit est le premier mécène. Sa mère se met à
fabriquer des chaussons de danse dans un petit local qui va devenir la Maison
Repetto.
Boris
Kochno, collaborateur de Diaghilev devient le premier mentor de Roland Petit.
De 1940 à 1948, les Ballets des Champs Elysées s’épanouissent. En 1945, il
règle le Déjeuner sur l’herbe. Puis en 1946, c’est la création de son
premier chef d’œuvre Le Jeune Homme et la Mort, l’argument est Jean
Cocteau, les décors de Georges Wakhevich. Il crée ensuite Les Amours de
Jupiter, Le Bal des blanchisseuses, la Fiancée du Diable et reprend Les
Forains déjà créés lors d’un
récital. Colette Marchand, Margot Fonteyn, Roland Petit et Zizi Jeanmaire. Ballets de Paris. © Roger Viollet En
1948, Roland Petit en désaccord avec la direction des Ballets de Champs
Elysées quitte la troupe et fonde Les Ballets de Paris avec le concours de
Jean Anouilh, Edouard Derain, André Clavé et Leonor Fini. Ce sont alors Les
Demoiselles de la Nuit qui révèle un nouvel aspect du talent de Margot Fonteyn. C’est aussi et surtout Carmen
avec Renée Jeanmaire rebaptisée Zizi
dans le rôle titre et Roland Petit dans le rôle de Don José. En 1950, Ninette
de Valois lui propose de faire une chorégraphie pour le Sadler’s Wells
Ballet., Ballabile Hollywood
l’appelle et il signe en 1952 la chorégraphie de Hans Christian Andersen,
biographie musicale de la vie de l’auteur avec Danny Kaye, Farley Granger et
Zizi Jeanmaire. Il s’ennuie et rentre à Paris où il travaille avec les
musiciens et décorateurs contemporains, comme Dutilleux et Carzou avec qui il
fait Le Loup, Deuil en vingt-quatre heures. Il
retourne à Hollywood en 1955 et signe les chorégraphies de la Pantoufle de
verre avec Leslie Caron et celle
de Daddy Long Legs avec Fred Astaire et à nouveau Lesllie Caron.
©
Hulton-Deutsch Collection/CORBIS En
décembre 1954, il épouse Zizi Jeanmaire. C’est pour elle que Roland Petit vient
au music hall où il règle ses revues. Et c’est à cause d’elle qu’il ne s’est
jamais totalement lié au Ballet de l’Opéra de Paris. Elle sacrifiera sa
carrière cinématographique et théâtrale pour lui et ne danse pas les ballets
d’autres chorégraphes.
Zizi
Jeanmaire dans Carmen © Baron/Getty Images En
1960 il signe Black Tights ou Les Collants noirs, film composé
de quatre ballets Cyrano de Bergerac avec Moira Shearer, la croqueuse de Diamants
et Carmen avec Zizi Jeanmaire et enfin Deuil en vingt-quatre heures
avec Cyd Charisse. En
1965, c’est la création de Notre-Dame de Paris pour l’Opéra de Paris.
En 1968 il y créera Turangalila. C’est à cette époque qu’il envisage
de prendre la Direction de l’Opéra de Paris, mais il y renonce très vite du
fait de son caract-re. En
1972, libre de toute attache, il se retrouve à la tête du Ballet de
Marseille. Il y fait à la fois des reprises mais aussi de très nombreuses
créations comme Coppélia, Casse-Noisette. Il y crée les Intermittences du coeur,
l’Arlésienne soirée Debussy. En 1975, il crée La Symphonie Fantastique
Coppélia avec Roland Petit Les
plus grands danseurs travaillent avec lui comme Rudolf Noureev et Margot
Fonteyn dans Le Paradis perdu en 1967. C’est également Estasi pour
Rudolf Noureev et Luciana Savignano, La Dame de Pique pour Michael
Baryshnikov puis une nouvelle version pour Nicolai Tsiskaridze, la Rose
Malade pour Maia Plissetskaia, etc. Rudolf Noureev, Mikhail Baryshnikov
reprennent le Jeune homme et la mort. Dominique Khalfouni, danseuse
étoile de l’Opéra de Paris quitte l’Opéra. Elle sera sa muse pour de
nombreuses créations aux ballets de Marseille. La dernière vedette des
ballets de Marseille sera l’étoile du Kirov Altinaï Assylmouratova pour qui
il créera son tout dernier ballet pour cette troupe, Le Lac des cygnes ou
les Maléfices. Il adore travailler avec
Nicolas Le Riche pour qui il créera le Guépard puis naturellement
Clavigo. Il veut également l’immortaliser dans Carmen et le Jeune Homme et la
mort. Il
révèle de nouveaux talents comme Denys Ganio, Jean-Charles Gil, Jean-Pierre Aviotte, Luigi Bonino, ses
dernières découvertes sont Lucia Lacarra et Cyril Pierre. Il travaille
souvent avec les mêmes danseurs, mais ses « facheries » sont
mythiques, il refusera la reprise de Notre-Dame de Paris à l’Opéra de Paris
sous la Direction de Rudolf Noureev tant que celui-ci veut danser son ballet.
Lucia Lacarra – Coppelia © Roger Viollet En
1992, il fonde l’Ecole Nationale de Danse de Marseille qui doit être la
concurrente directe de l’Ecole de danse de l’Opéra de Paris.. En 1993, il
crée Dix ou Eros et la Mort pour le Ballet de Berlin (dirigé par
Michael Denard) et remporte le Prix Benois de la Danse. En
1998, il décide de quitter le Ballet de Marseille, Il souhaite qu’Elisabetta
Terabust, une de ses dernières interprètes prenne la tête de la troupe, mais
l’Etat en décide autrement et confie la direction du ballet de Ma seille à Marie-Claude Pietragalla, ancienne
danseuse étoile de l’Opéra de Paris. Mécontent de ce choix, il retire tous
ses ballets du répertoire des ballets de Marseille. Il
continue toutefois son activité de chorégraphe et crée en 1999 Clavigo
pour l’Opéra de Paris d’après l’œuvre de Goethe. En 2004, il remonte un
spectacle « Les chemins de la création » où il évoque sa carrière
avec des extraits de ses œuvres, ce spectacle existe en DVD. Toujours à la
pointe, de nombreuses de ses œuvres ont fait l’objet d’une ou plusieurs
captations télévisuelles.
Sont
indiqués les compositeurs, les décors et costumes
| |||||||||||||||